Après avoir fait tout son cursus à Dunkerque, la néo-Poinçonnoise Lucie Carlier a eu des envies d'ailleurs. Lorsque l'opportunité s'est présentée la saison dernière, elle l'a donc saisie et s'est exilée en Ukraine. De retour en France, elle va retrouver Marie Lecoustre avec la ferme intention d'aider l'USP à grandir. Portrait d'une joueuse qui rêve de concilier responsabilité, efficacité et ambiance familiale.

 

 

Lucie Carlier 1

Lucie Carlier

Intérieure, 1,87m, née en 1990 (23 ans).

2006-2010 : Dunkerque Malo Basket Club, NF1 (équivalent de la L2, qui n’existait pas encore) et Pré-nationale.

2010-2011 : Dunkerque Malo Basket Club, LF2 

2011-2012 : Dunkerque Malo Basket Club, LF2

2012-2013 : Dynamo Kiev et Regina Bar, D1 (Ukraine)

 

 

Bonjour Lucie, peux-tu nous parler de ta formation basket ?

Lucie Carlier : "Bonjour ! J'ai commencé le basket à l'âge de 6 ans dans une petite ville près de Dunkerque. Mes parents sont d'anciens basketteurs, j'étais déjà dans les salles à la sortie de la maternité. Je suis passée par un second club, dans lequel j'ai évolué en benjamines puis minimes. C'est à cette période que Dunkerque (actuellement le DMBC) m'a remarquée. Je suis donc allée là-bas, pour évoluer en minimes France puis cadettes France. Lors de ma deuxième année cadette j'ai intégré le groupe de l'équipe première. Le week-end je doublais donc avec les cadettes. Les années suivantes je combinais la pré-nationale et la LF2, pour finir par ne plus jouer qu'en équipe première.

 

Un beau parcours en effet. Il paraît même que tu as titillé l'équipe de France jeune, en présélection...

LC : "Oui, ce fut un court séjour à l'INSEP, très enrichissant sur tous les plans. On rencontre d'autres personnes, une autre vision du jeu et du monde professionnel. Les entraînements étaient vraiment différents et très intensifs. Je me souviens que lorsqu'on me demandait mes impressions je disais qu'on ne buvait pas assez pendant les entrainements ! Ça a été vraiment une bonne expérience..."

 

Carlier family

Le basket chez les Carlier, c'est donc une vraie affaire de famille ! Tout le monde est mis à contribution les jours de match ?

LC : "Oui, les tâches étaient bien réparties : Maman dans les tribunes pour les encouragements parfois aidée de mes amis ou d'autres membres de la famille, papa (photo) faisait partie du comité donc il était toujours autour du terrain mais jamais loin de notre banc et j'ai eu le bonheur et la chance d'avoir ma petite sœur dans l'équipe, avec qui je suis très complice. Elle était donc avec moi à chaque entrainement, match et surtout déplacement."

 

Donc arrive le moment où tu intègres totalement l'équipe pro du DMBC, jusqu'à faire progressivement ta place en tant que titulaire. Une période qui a dû être très riche en découvertes, en apprentissages, en émotions ?

LC : "Oui, on commence comme la petite jeune timide, qui ne parle pas beaucoup à la fille qui aide les jeunes à s'intégrer. Niveau coach je n'ai pas eu de grand changement, quand je suis arrivée l'entraineur était Christian Devos (actuel président du BCM Gravelines Dunkerque) et son fils, Sébastien, que j'avais eu en minimes, était assistant. Christian a ensuite pris sa retraite pour laisser sa place à Sébastien, la vision du basket était donc une continuité. J'ai côtoyé pas mal de joueuses, auprès desquelles j'ai beaucoup appris sur le basket, mais aussi sur moi-même. Beaucoup de jeunes avec qui j'ai passé de super moments, certaines avec qui j'étais voisine et qui étaient à la fac avec moi. Donc on passait notre temps ensemble. Et les "anciennes" comme on dit, qui sont là pour nous guider sur le terrain, nous corriger mais qui en dehors du basket étaient aussi des personnes formidables. J'ai aussi connue des joueuses moins "sympa", avec une dent contre les jeunes. Mais c'est aussi à leur contact que j'ai appris et me suis forgé un caractère."

 

Puisque tu l’abordes, quel cursus as-tu suivi à la fac ? N’est-ce pas trop dur de concilier les deux ?

LC : "Au lycée j'avais des horaires aménagés pour pouvoir aller m'entrainer et avoir du temps pour travailler à la maison. Je suis ensuite partie sur un BTS Informatique de Gestion, mais l'établissement était trop "carré" et ça a été compliqué de concilier basket et études, sachant que ma priorité était le basket. A l'issue de la 1ère année j'ai donc arrêté et je suis partie en STAPS, beaucoup plus adapté à mon mode de vie, car j'avais le statut de joueuse de haut niveau. Je pouvais donc m'absenter pour participer aux entrainements et aux déplacements, sans qu'il y ait d'impact sur ma scolarité. J'ai dû stopper par la suite la fac lorsque je suis partie pour l'Ukraine..."

 

Résumons : tu t’épanouis dans ta région d’origine, tu es entourée de ta famille, de tes amis, et tu joues dans une équipe professionnelle. Malgré tout cela, d’après un article de la Voix du nord, tu avais déjà en 2010 des fourmis dans les jambes et des envies d’ailleurs. Quelque chose te manquait à Dunkerque ?

LC : "Je voulais voir autre chose... Et enlever cette étiquette de la "jeune de Dunkerque", je voulais voir une autre structure, aller me "tester" ailleurs, avoir des responsabilités."

 

Finalement, tu fais le grand saut deux ans plus tard, au début de la saison dernière. Taisiia Bovykina (joueuse ukrainienne du DMBC en 2011-2012) est-elle pour quelque chose dans ton choix de partir en Ukraine ?

LC : "Oui en effet. Je lui avais fait part de mon désir de partir. Elle m'a donc mise en contact avec son agent. Lorsqu'il m'a demandé si il devait me trouver un club seule ou avec Taisiia, j'ai choisi d'y aller avec elle. J'avais un peu peur de me jeter seule dans l'inconnu, je savais que si je partais avec quelqu'un que je connais, ce serait un pilier sur lequel je pourrais m'appuyer."

 

Lucie Dynamo1

C'est un vrai saut dans l'inconnu, en effet ! Quelles impressions gardes-tu de cette expérience peu commune ?

LC : "Toute expérience est bonne à prendre ! J'ai découvert un autre basket, une autre culture, un autre pays, une autre langue... J'ai su tirer du bénéfique de tout ce que j'ai vécu. J'ai joué aux côtés d'Américaines comme Kimberly Williams qui est passé par Mondeville pour quelques mois, ou encore avec des filles évoluant en équipe nationale d'Ukraine, ce fut un bon enseignement. J'ai vu d'autres facettes de la balle orange, je n'en garde que de bons souvenirs.

 

Tu as même testé deux clubs : le Dynamo Kiev et le Regina Bar !

LC : "Oui. Le Dynamo a d'ailleurs fini champion. C'est une très bonne équipe, un rythme de travail intensif et très dur, à la russe comme on dit ! Mais suite à des problèmes avec les dirigeants, j'ai quitté le club, à regret tout de même. Le Regina Bar m'a ensuite appelé, ils avaient l'ambition de jouer le final four, alors j'ai dit oui. C'était tout à fait différent de l'intensité du Dynamo, un club beaucoup plus familial, où je me suis vraiment épanouie sur et en dehors du terrain."

 

Sur le championnat en lui-même, j'ai cru voir que vous affrontiez toujours les adversaires deux fois de suite, c'est une spécificité ukrainienne ?

LC : "C'était un championnat vraiment bizarre... On était 6 équipes. Oui j'ai eu la même réaction que toi lorsque je l'ai su !! Au début le championnat se déroulait comme chez nous, un match par week-end. Puis je ne sais pour quelle raison, la fédération a changé le règlement et on jouait le samedi et le dimanche. Disons que l'organisation n'avait rien de carré comme chez nous."

 

Avec ton 1,87m, on te voit forcément intérieure, certaines joueuses ont subi tes « contres de mammouth », et dans le même temps tu es très à l’aise derrière la ligne des 3-points. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ton jeu ?

LC : "Je vois que tu as trouvé l'article de Dominique Bentejac ! Depuis que j'ai commencé le basket, j'ai eu une formation d'ailière, dû à mon poids. J'étais trop frêle pour me bagarrer à l'intérieur. Puis dans mes premières années avec l'équipe 1 de Dunkerque, j'ai été formée poste 4. J'ai eu beaucoup d’entraînements individuels pour travailler les prises de positions et les mouvements intérieurs. Ajouté à ma technique d'ailière, j'ai un jeu vraiment complet. J'aime percuter pour finir ou servir une coéquipière, comme Marie qui se fait oublier à 0 degré, mais je peux aussi jouer dos au panier. C'est vraiment un atout d'avoir un jeu varié. En Ukraine les coachs m'ont même fait jouer meneuse sur certaines rencontres, à ma plus grande surprise! Je suis aussi une joueuse qui joue pour l'équipe, j'aime donner de bons ballons pour que ma coéquipière marque, ou poser un bon écran pour qu'elle se démarque. Et comme il n'y a pas que l'attaque au basket, je suis une assidue de la défense. J'adore ça, en particulier les contres, c'est vrai."

 

Finalement, te voici désormais Poinçonnoise. Premières sensations ?

LC : "J'ai vraiment hâte!!!! Le club à l'air super, les échos que j'ai eu ne m'en disent que du bien. Le projet du club me plait, il y a de l'ambition et c'est ce que je recherche. Après avoir discuté avec les dirigeants j'ai vraiment senti des personnes impliquées, gentilles et ouvertes. L'équipe est jeune et ça me plait. Et je retrouve Marie, une personne que je connais depuis des années et avec qui je me suis toujours bien entendue. Je suis vraiment pressée que la saison reprenne."

 

Ce serait trop facile

En Ukraine tu as retrouvé Taisiia Bovykina, au Poinçonnet, tu évolueras avec Marie. Où que tu ailles, tu y vas avec d’anciennes coéquipières. L’amitié, la camaraderie, c’est essentiel pour réussir ?

LC : "Ça aide beaucoup. Jouer dans une équipe où on ne se sent pas à l'aise, c'est vraiment difficile. Alors que lorsqu'on s'entend toutes bien, cela se ressent sur le terrain. Un exemple encore récent, les "braqueuses" ont une bonne ambiance d'équipe et ça se ressent lorsqu'on les voit jouer. Jouer c'est avant tout prendre du plaisir. Quand une équipe est soudée, on se soutient et se motive les unes les autres. C'est une force."

 (Photo : Lucie et sa soeur Marion. Plus une troisième joueuse que vous aurez peut-être reconnue...)

 

Que te souhaites-t-on pour l'année à venir ?

LC : "Que l'on puisse offrir aux supporters la plus belle saison qu'ils n'aient jamais vue au Poinçonnet !"

 

 

Beau programme ! Gageons qu’avec de l'envie, toute l’équipe va avoir à cœur de réaliser cet exploit !

Bienvenue au Poinçonnet, Lucie !

Lucie Carlier